Ce qui n’était au départ qu’un contentieux judiciaire est aujourd’hui devenu une crise diplomatique majeure.
La Guinée équatoriale hausse le ton face à la France après l’annonce de la vente prochaine de l’immeuble situé au 42 avenue Foch, à Paris. Dans un communiqué sans ambiguïté, les autorités de Malabo rejettent catégoriquement cette opération, estimant qu’elle viole les règles fondamentales du droit international et porte atteinte à la souveraineté de l’État équato-guinéen.
Depuis plusieurs années, ce bâtiment est au cœur de l’affaire des « biens mal acquis ». Confisqué par la justice française après la condamnation de Teodoro Nguema Obiang Mangue, il fait l’objet d’une longue bataille juridique entre les deux États.
Si la France considère que la procédure judiciaire est désormais définitive, la Guinée équatoriale soutient au contraire que cet immeuble relève du patrimoine diplomatique protégé par les conventions internationales. Malgré plusieurs décisions défavorables de la Cour internationale de Justice, Malabo refuse de reconnaître la légitimité de cette confiscation.
La publication d’un appel d’offres pour sa vente est perçue comme une provocation.
En réponse, les autorités équato-guinéennes menacent d’appliquer une stricte réciprocité diplomatique. Elles envisagent notamment de reprendre possession des bâtiments occupés par la représentation française à Malabo et préviennent que cette escalade pourrait conduire à une remise en cause totale des relations diplomatiques entre les deux pays.
Cette prise de position révèle l’importance symbolique de ce dossier. Au-delà de sa valeur financière, l’immeuble de l’avenue Foch est devenu un emblème de la reconnaissance de la souveraineté des États africains face aux décisions des juridictions étrangères.
À quelques mois d’une éventuelle vente, les regards se tournent désormais vers Paris. Le gouvernement français maintiendra-t-il le calendrier judiciaire au risque d’une crise diplomatique ouverte, ou privilégiera-t-il une solution politique susceptible d’apaiser les tensions ?
Une chose est certaine : le bras de fer entre Paris et Malabo est loin d’être terminé, et ses conséquences pourraient dépasser largement le simple cadre d’un litige immobilier.

