Une opération d’assainissement sans précédent dans la fonction publique
Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a frappé un grand coup dans le cadre de l’assainissement du fichier solde de l’État. Dans un communiqué rendu public, il porte à la connaissance des agents publics que 5 971 d’entre eux sont toujours considérés comme ne résidant plus au Cameroun. Cette situation a été révélée à l’issue de l’opération de collecte et de traitement des données relatives aux mouvements des personnes aux frontières du Cameroun, menée par les services compétents. Après exploitation des clarifications fournies par les administrations utilisatrices, il est apparu que ces agents, bien que toujours inscrits sur les registres de paie, ne résident plus sur le territoire national. Une anomalie grave, qui prive le Trésor public de ressources considérables et qui alimente les soupçons de fraude et de détournement.
Une mesure conservatoire pour permettre la clarification
Afin de permettre aux intéressés de clarifier leur situation par eux-mêmes, le ministre des Finances a décidé, à titre conservatoire, d’assigner leurs rémunérations à la Trésorerie Paierie Générale de Yaoundé I pour les mois de septembre et octobre 2026. Concrètement, cela signifie que ces agents ne percevront plus leur salaire par les canaux habituels, mais devront se rendre physiquement à Yaoundé pour justifier de leur présence effective au pays. Une mesure qui vise à éviter les paiements indus et à contraindre les éventuels fraudeurs à se manifester.
Une procédure claire et encadrée
Tout agent concerné est invité à se présenter, pendant ces deux mois, dans les locaux de la Direction de la Dépense de Personnel et des Pensions (DDPP), au Ministère des Finances, aux portes 117, 225 ou 235 du Bâtiment A. Il devra se munir de trois pièces obligatoires : une photocopie de son passeport, le motif de son voyage à l’extérieur, et une attestation de présence effective au poste datant de moins de trois mois, dûment établie par son administration d’affectation. Ces documents permettront aux services compétents de procéder à l’examen de la situation administrative de l’intéressé et, le cas échéant, de lui délivrer le quitus nécessaire à la perception de sa rémunération auprès de la Trésorerie Paierie Générale de Yaoundé I.
Une sanction claire pour les agents qui ne se manifesteront pas
Passé le 31 octobre 2026, les agents concernés qui n’auraient pas pu justifier leur situation administrative seront considérés comme ayant abandonné leur poste de travail. Leur rémunération sera alors suspendue du fichier solde de l’État, conformément aux mesures d’assainissement en vigueur. Une décision ferme, qui s’inscrit dans la droite ligne des efforts déployés par le gouvernement pour lutter contre les agents fictifs et les détournements de fonds publics. Le ministre des Finances invite donc l’ensemble des agents concernés à prendre toutes les dispositions nécessaires pour se conformer à la présente procédure dans le délai prescrit. Le présent communiqué tient lieu de notification et d’appel à la clarification.
Une lutte de longue haleine contre les agents fictifs
Cette opération n’est pas la première du genre. Depuis son arrivée à la tête du ministère des Finances en 2018, Louis Paul Motaze a fait de l’assainissement du fichier solde une priorité absolue. Le comptage physique des personnels de l’État, lancé dès sa prise de fonctions, avait déjà permis de démasquer un vaste réseau d’employés fictifs et de réaliser des économies budgétaires substantielles. Plusieurs hauts cadres du ministère avaient été arrêtés et incarcérés à la prison centrale de Kondengui. Aujourd’hui, avec ces 5 971 agents présumés non résidents, le ministre franchit une nouvelle étape dans la traque des fraudeurs. Il s’agit de vérifier que chaque salaire versé correspond à un agent réellement en poste et résidant au Cameroun.
Un signal fort envoyé aux prédateurs des deniers publics
Cette décision est un signal fort envoyé à tous ceux qui pensent pouvoir percevoir des rémunérations indues depuis l’étranger, tout en abandonnant leur poste. Le Trésor public n’est pas une vache à lait. Les deniers de l’État doivent servir à financer le développement du pays, à payer les fonctionnaires qui travaillent réellement, à construire des routes, des hôpitaux et des écoles. En suspendant les salaires des agents non résidents, le gouvernement récupère des ressources précieuses et dissuade les tentatives de fraude. C’est une question de justice et d’équité.
Une procédure qui protège les droits des agents
Il convient de souligner que cette mesure n’est pas une sanction automatique. Elle est conservatoire, destinée à permettre aux agents concernés de clarifier leur situation. Ceux qui sont légitimement en mission à l’étranger, en congé, ou qui ont des raisons valables de résider hors du Cameroun pourront le prouver en fournissant les documents requis. Ils retrouveront alors leur salaire normal. Ceux qui, en revanche, ont abandonné leur poste ou qui perçoivent des rémunérations sans être physiquement présents devront répondre de leurs actes. La procédure est équitable et respectueuse des droits de chacun.
Un pas de plus vers la transparence et la bonne gouvernance
Avec cette opération, le ministre des Finances, Louis Paul Paul Motaze, confirme sa détermination à assainir les finances publiques et à lutter contre la corruption. Les 5 971 agents concernés ont deux mois pour se manifester. Au-delà, les suspensions tomberont. Cette mesure s’inscrit dans une dynamique plus large de transparence et de bonne gouvernance, voulue par le président Paul Biya. Le Cameroun a besoin de fonctionnaires dévoués, présents et intègres. Les agents fictifs, les fraudeurs et les prédateurs des deniers publics n’ont plus leur place dans l’administration. Le message est clair : l’État ne paiera plus pour ceux qui ne travaillent pas. C’est une question de survie pour la République.

