Le football camerounais n’est plus qu’une coquille vide, un cadavre que l’on promène de stade en stade, sous les yeux indifférents de ceux qui l’ont assassiné. Les gradins, autrefois pleins à craquer, résonnent désormais d’un silence assourdissant. Les supporters, ces amoureux inconditionnels du ballon rond, ont déserté les tribunes. Ils ne veulent plus cautionner un système pourri, truqué, corrompu, où la victoire s’achète, où les matchs se vendent, où les recettes disparaissent dans les poches d’une poignée de prédateurs. Samuel Eto’o, l’homme qui devait incarner la renaissance du football camerounais, a transformé ce rêve en cauchemar. Il a tué l’âme du football national. Et aujourd’hui, les stades vides sont le témoignage muet de son échec.
Le match de la Colombe du Sud contre le Stade Malien de Bamako, comptant pour la manche aller du premier tour préliminaire de la Ligue des Champions de la CAF, s’est joué devant un stade complètement vide. Pas un spectateur, pas un supporter, pas une âme qui vive. Le même spectacle désolant avait déjà été observé au Stade Militaire de Yaoundé, lors de la rencontre entre la Colombe Sportive du Dja et Lobo et le FC 15 de Agosto d’Akonibe, champion de Guinée équatoriale. Ces images de stades déserts font le tour des réseaux sociaux. Elles disent tout de la désaffection profonde qui frappe le football camerounais. Les supporters ne viennent plus. Ils boudent. Ils protestent. Ils disent non à Eto’o et à sa bande.
Car les supporters ne sont pas dupes. Ils savent ce qui se passe dans les coulisses. Ils savent que les matchs sont truqués, que les arbitres sont achetés, que les recettes sont détournées. Ils savent que les jeunes filles envoyées collecter l’argent des entrées repartent avec des montants dérisoires, entre 1 500 et 8 000 francs CFA, pendant que les gros bonnets se partagent les millions. Ils savent que les sponsors, comme Justin Tagouh, qui a financé plus de 28 clubs sans contrepartie et sans distinction de tribu, sont ignorés, méprisés, évincés. Ils savent que les clubs mythiques, comme l’Union de Douala, sont laissés à l’abandon, asphyxiés financièrement, condamnés à disparaître. Eto’o l’avait promis, la mort des clubs mythiques. Il l’a fait.
Mais le plus grave, c’est que cette destruction n’est pas un accident. Elle est voulue, planifiée, organisée. Eto’o et sa bande ne supportent pas que les clubs soient dirigés par des hommes indépendants, attachés à leurs communautés, capables de mobiliser les foules. Ils ne supportent pas que les supporters s’organisent, qu’ils créent des associations, qu’ils fassent vivre les tribunes, qu’ils transforment chaque match en fête populaire. Cette dynamique, c’était la force du football camerounais. C’est cette dynamique qu’Eto’o a détruite. Il a semé la discorde, il a divisé, il a exclu. Il a imposé ses hommes, ses arbitres, ses contrats. Il a fait fuir les vrais amoureux du ballon rond.
Les stades vides sont la conséquence directe de cette gestion criminelle. Les supporters ont compris que leur présence ne servait à rien. Que leur argent allait directement dans les poches d’Eto’o et de ses complices. Que leur passion était trahie, bafouée, piétinée. Alors ils ont déserté. Ils ont choisi de rester chez eux, de regarder les matchs à la télévision, de commenter sur les réseaux sociaux. Ils ont choisi de ne plus cautionner ce cirque. Et ils ont raison. Car tant que Samuel Eto’o sera à la tête de la Fecafoot, les stades resteront vides. Tant que ce système de prédation perdurera, les supporters continueront de bouder. C’est leur seule arme. C’est leur seule façon de dire non.
Les amoureux du football camerounais multiplient les réunions, les concertations, les appels au boycott. Ils veulent que les stades restent vides. Ils veulent que les matchs se jouent devant des gradins déserts. Ils veulent que les images de ces stades vides fassent le tour du monde, qu’elles disent la honte, qu’elles disent la colère, qu’elles disent la détermination. Ils veulent que la Fecafoot comprenne que sans les supporters, le football n’est rien. Que sans les clubs, le football n’est rien. Que sans les vrais acteurs, ceux qui ont construit ce sport pendant des décennies, le football n’est qu’une mascarade.
Eto’o, lui, reste populaire sur Google. Il fait la une des journaux people, il pose sur les podiums, il voyage en jet privé, il parade avec ses montres de luxe. Mais dans les stades, il n’y a personne. Les gradins sont vides. Les supporters ont tourné la page. Les clubs mythiques agonisent. Le football camerounais est en deuil. Et Eto’o continue de faire semblant, de sourire, de promettre, de mentir. Il ne voit que du noir, dit-on. Mais ce noir, c’est lui qui l’a créé. C’est lui qui a éteint la lumière. C’est lui qui a plongé le football camerounais dans les ténèbres.
Les vrais acteurs du football, ceux qui ont construit, qui ont financé, qui ont soutenu, sont aujourd’hui réduits au silence. Ils voient leur œuvre détruite, leurs clubs ruinés, leurs supporters dispersés. Ils assistent, impuissants, à la mort lente du football camerounais. Mais ils ne baissent pas les bras. Ils continuent de se battre, de dénoncer, de résister. Ils savent que la vérité finira par triompher. Ils savent que les stades reverdiront un jour. Ils savent que le football camerounais renaîtra de ses cendres. Mais pour cela, il faudra d’abord que Samuel Eto’o parte. Qu’il réponde de ses crimes devant la justice. Qu’il rende l’argent qu’il a volé. Qu’il libère le football camerounais de son emprise.
Les stades vides ne sont pas une fatalité. Ils sont un cri. Un cri de colère, un cri de détresse, un cri d’espoir. Les supporters ont choisi de ne plus venir tant que le système actuel perdurera. Ils ont choisi de sacrifier leur passion pour sauver leur football. C’est un sacrifice douloureux, mais nécessaire. Car sans ce sacrifice, rien ne changera. Sans ce boycott, Eto’o continuera de piller, de truquer, de détruire. Les stades vides sont le dernier rempart des supporters. C’est leur façon de dire : « Non, nous ne cautionnerons pas. Non, nous ne participerons pas. Non, nous ne serons pas complices. »
Le football camerounais mérite mieux que Samuel Eto’o. Il mérite mieux que cette bande de prédateurs qui ont fait main basse sur le sport le plus populaire du pays. Il mérite des dirigeants intègres, compétents, respectueux des supporters, des clubs, des joueurs. Il mérite des stades pleins, des matchs palpitants, des émotions partagées. Il mérite la vie, pas la mort. Et tant que Samuel Eto’o sera là, la mort continuera de rôder. Les stades resteront vides. Le football camerounais continuera de mourir. C’est pourquoi il faut qu’il parte. C’est pourquoi il faut le chasser. C’est pourquoi il faut rendre le football aux Camerounais.

