Yaoundé — Le secteur camerounais des hydrocarbures connaît une nouvelle accélération. Après la signature, le 14 août 2026, d’un Contrat de Partage de Production (CPP) entre l’État du Cameroun et Octavia Energy pour le bloc de Bolongo, une nouvelle étape vient d’être franchie avec le groupe américain Murphy Oil Corporation.
Les 20 et 21 août 2026, au siège de la Société nationale des hydrocarbures (SNH) à Yaoundé, les équipes camerounaises et les représentants de Murphy Oil ont tenu deux journées de négociations consacrées à l’exploration de quatre blocs pétroliers. À l’issue de ces échanges, les parties ont signé un procès-verbal actant les avancées réalisées et ouvrant la voie à la finalisation des futurs contrats.
Une nouvelle offensive pour relancer l’exploration
Cette séquence intervient dans un contexte où le Cameroun cherche à redynamiser l’exploration de son potentiel pétrolier et gazier. L’objectif est clair : attirer davantage d’investissements privés, accélérer la mise en valeur des ressources disponibles et consolider les recettes générées par le secteur extractif.
Les quatre blocs ciblés par Murphy Oil sont issus de l’appel à manifestation d’intérêt lancé par la SNH en août 2025. Celui-ci portait sur neuf blocs pétroliers et gaziers libres localisés dans les bassins de Douala-Kribi-Campo et du Rio del Rey.
L’intérêt manifesté par Murphy Oil pour quatre de ces blocs constitue ainsi un signal important pour le marché camerounais. Il traduit l’existence d’un potentiel géologique susceptible de retenir l’attention de groupes internationaux disposant d’une expertise reconnue dans l’exploration et la production.
Nathalie Moudiki au cœur des négociations
Conduites au nom de l’Administrateur-Directeur Général de la SNH, les négociations ont été pilotées par Nathalie Moudiki, Conseiller N°2 et Vice-présidente de la Commission Permanente de Négociation des Contrats Pétroliers et Gaziers (CPNCPG).
Face à la délégation américaine conduite par Simon Payne, Vice-Président de Murphy Oil, la partie camerounaise a travaillé à la recherche d’un équilibre entre l’attractivité des futurs contrats pour l’investisseur et la préservation des intérêts économiques de l’État.
Cette mission intervient quelques jours seulement après les discussions ayant précédé la signature du CPP avec Octavia Energy. La répétition de ces négociations de haut niveau illustre le rôle croissant de la CPNCPG dans la stratégie de valorisation du domaine pétrolier camerounais.
Vers la signature des contrats
Le procès-verbal signé au terme des deux journées de discussions constitue désormais une base de travail pour la poursuite des négociations.
Les parties doivent encore finaliser plusieurs aspects des futurs Contrats de Partage de Production. Selon le calendrier envisagé, leur signature pourrait intervenir dans les deux prochains mois entre l’État du Cameroun et Murphy Oil.
Cette perspective marque une évolution importante : le processus passe progressivement de la manifestation d’intérêt à la contractualisation, puis à terme aux opérations d’exploration sur les blocs concernés.
Murphy Oil, un partenaire stratégique
Pour le Cameroun, l’arrivée de Murphy Oil dans cette nouvelle phase d’exploration représente un enjeu stratégique. Le groupe américain dispose d’une expérience internationale dans l’exploration et la production d’hydrocarbures et intervient sur différents marchés énergétiques.
Son engagement au Cameroun pourrait contribuer à apporter des capitaux, des technologies et une expertise nécessaires à la recherche de nouvelles réserves.
Dans les bassins de Douala-Kribi-Campo et du Rio del Rey, plusieurs zones demeurent encore insuffisamment explorées. La mobilisation d’investisseurs disposant de capacités techniques et financières importantes pourrait donc permettre d’accélérer l’identification et, le cas échéant, la mise en production de nouvelles ressources.
Des retombées attendues pour l’économie
Au-delà de l’enjeu énergétique, les négociations avec Murphy Oil portent également une dimension économique majeure.
La concrétisation de ces contrats pourrait générer des investissements directs dans les activités d’exploration, stimuler les prestations des entreprises locales et créer des opportunités d’emplois dans différents secteurs connexes.
À moyen et long terme, d’éventuelles découvertes commerciales pourraient également accroître les recettes de l’État et contribuer au renforcement de la production nationale d’hydrocarbures.
Cette dynamique s’inscrit par ailleurs dans la volonté du Cameroun de renforcer sa sécurité énergétique et de réduire progressivement sa vulnérabilité aux fluctuations des marchés internationaux de l’énergie.
Une dynamique qui se confirme
Entre le CPP conclu avec Octavia Energy pour Bolongo et les négociations avancées avec Murphy Oil, le secteur pétrolier camerounais semble connaître une nouvelle dynamique.
Ces opérations interviennent dans un contexte international marqué par la recherche de nouveaux bassins de production et par une concurrence accrue entre pays producteurs pour attirer les investissements.
Pour le Cameroun, l’enjeu consiste désormais à transformer l’intérêt des compagnies internationales en investissements effectifs, en veillant à la qualité des contrats, au respect des engagements des partenaires et à la maximisation des retombées économiques nationales.
La prochaine étape sera donc déterminante : la finalisation et la signature des CPP avec Murphy Oil. Si le calendrier annoncé est respecté, cette échéance pourrait constituer l’un des prochains rendez-vous majeurs de la politique pétrolière camerounaise.
Avec la SNH et la CPNCPG en première ligne, Yaoundé entend ainsi consolider son positionnement comme destination d’investissement dans les hydrocarbures en Afrique centrale, tout en donnant un nouvel élan à l’exploration de ses ressources pétrolières et gazières.

