La République du Congo accueille, du 25 au 29 mai 2026, la 61e édition des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD). Quatre chefs d’État africains ont déjà confirmé leur présence et les autorités congolaises rassurent sur la sécurité sanitaire de l’événement.
Un événement continental de premier plan
L’événement, qui se tient au Palais des congrès de Brazzaville, réunira entre 2 500 et 4 000 participants : chefs d’État, ministres des finances, gouverneurs de banques centrales, experts économiques et représentants du secteur privé.
Pour la BAD, c’est un moment crucial. Il s’agit des premières Assemblées annuelles organisées sous la présidence de Sidi Ould Tah, élu en mai 2025, qui compte présenter aux gouverneurs l’avancée de ses réformes et de sa refonte du système de financement africain.
Un plateau présidentiel déjà bien fourni
Selon les informations communiquées par la présidence congolaise, quatre chefs d’État ont d’ores et déjà confirmé leur présence auprès du président Denis Sassou-N’Guesso, hôte de la manifestation :
- Brice Clotaire Oligui Nguema (Gabon)
- William Ruto (Kenya)
- Faustin-Archange Touadéra (Centrafrique)
- Évariste Ndayishimiye (Burundi)
Le Botswana sera représenté par son vice-président, Ndaba Gaolathe. Le président congolais Félix Tshisekedi n’a pas encore officiellement répondu à l’invitation, mais des sources diplomatiques indiquent que sa venue est en discussion. D’autres chefs d’État africains sont attendus, sans que leurs noms aient encore été rendus publics.
Sidi Ould Tah : poursuivre la refonte du financement africain
Lors du sommet Africa Forward à Nairobi les 11 et 12 mai, le président de la BAD avait donné une première esquisse de sa vision : une refonte du système de financement africain pour réduire la dépendance aux aides extérieures et aux créanciers parfois peu regardants.
À Brazzaville, il détaillera sa proposition, qui inclut notamment la recapitalisation de l’ATIDI (African Trade and Investment Development Insurance), un instrument essentiel pour sécuriser les investissements privés sur le continent.
Les gouverneurs de la BAD devraient également valider la stratégie à moyen terme de l’institution et adopter les premières mesures concrètes mises en place depuis l’arrivée de Sidi Ould Tah.
Souveraineté financière et secteur privé au cœur des débats
Les thématiques des Assemblées reflètent les urgences du continent. La souveraineté financière sera au centre des discussions : comment mobiliser davantage de ressources propres, comment attirer les capitaux privés, comment compenser la baisse des aides concessionnelles ?
Un accent particulier sera mis sur le financement du secteur privé africain, notamment dans les domaines des transports, de l’agriculture, de l’énergie et des technologies financières. Des sessions spécifiques seront consacrées aux partenariats public-privé et aux garanties de risque.
La transition climatique, marque de fabrique du président Sassou-N’Guesso
Denis Sassou-N’Guesso, en sa qualité de président de la Commission Climat du Bassin du Congo, a souhaité que la transition climatique figure en bonne place dans le programme.
Le Bassin du Congo, deuxième poumon vert de la planète, est au cœur des enjeux de stockage de carbone et de préservation de la biodiversité. Des ateliers et tables rondes sont prévus sur les « solutions climatiques » et le financement de la résilience des écosystèmes.
La BAD, de son côté, veut montrer qu’elle peut être un acteur clé de l’adaptation au changement climatique.
Zéro risque épidémique : le Congo rassure face à Ebola en RDC
Un élément d’inquiétude a circulé dans certaines chancelleries : l’épidémie d’Ebola déclarée en République démocratique du Congo (RDC), avec près de 600 cas probables et 139 décès. Cependant, les autorités congolaises (Brazzaville) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) se veulent rassurantes. Plusieurs arguments plaident pour un risque « zéro » pour Brazzaville :
- Distance géographique : la RDC est un pays voisin, mais les foyers épidémiques actuels sont situés à plus de 1 000 kilomètres de Brazzaville. Aucun cas n’a été signalé dans la région de Kinshasa, ni dans les zones frontalières avec le Congo-Brazzaville.
- Contrôles sanitaires renforcés : les aéroports et les principaux points d’entrée (ports, passages fluviaux) ont été dotés de dispositifs de contrôle thermique et de détection des symptômes.
- Expérience de la sous-région : le Congo (Brazzaville) et la RDC (Kinshasa) ont une longue expérience de la gestion des épidémies, notamment Ebola. Les équipes de santé publique sont rodées.
- Aucune restriction internationale : ni l’OMS, ni l’Union africaine, ni les autres institutions sanitaires n’ont émis de recommandation de restriction des voyages vers Brazzaville ou le Congo. La tenue des Assemblées annuelles n’est pas remise en cause.
Sur place, les organisateurs ont mis en place un protocole sanitaire comprenant la mise à disposition de gels hydroalcooliques, la prise de température à l’entrée du Palais des congrès, et un dispositif d’isolement rapide en cas de suspicion de symptômes. Les participants venant de zones sensibles (dont la RDC) seront particulièrement surveillés, sans que cela n’entrave leur circulation.
Les prochaines heures décisives pour la confirmation des présidents
En attendant, les services diplomatiques s’activent pour obtenir les confirmations définitives. Félix Tshisekedi, invité de marque, pourrait encore faire le déplacement, ce qui donnerait une dimension supplémentaire à la réunion. D’autres chefs d’État ouest-africains (Bénin, Ghana, Côte d’Ivoire) sont en contacts avancés.
Le caractère exceptionnel de ces Assemblées — premières de la présidence Sidi Ould Tah, cadre prestigieux, présence d’un bassin de décideurs et d’investisseurs — devrait convaincre plusieurs leaders de se joindre aux travaux.
Brazzaville, carrefour des solutions africaines
Avec un hôte engagé pour le climat (Denis Sassou-N’Guesso), un président de la BAD ambitieux (Sidi Ould Tah), et un plateau de chefs d’État déjà conséquent, Brazzaville s’apprête à accueillir un rendez-vous incontournable du financement continental.
Si l’ombre d’Ebola en RDC a inquiété certains observateurs, les mesures sanitaires prises et la distance géographique garantissent une sécurité optimale. Les 2 500 à 4 000 participants sont donc invités à se concentrer sur l’essentiel : refonder le financement de l’Afrique, accompagner le secteur privé, lutter contre le changement climatique, et sortir le continent d’une dépendance qui le fragilise.
Brazzaville, par sa situation géographique, sa tradition d’accueil et son expertise sanitaire, est parfaitement armée pour relever ce défi.

