Bujumbura, 16 juin 2026 – Face à la résurgence préoccupante de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo et en Ouganda, l’Union africaine a franchi une étape majeure dans la mobilisation continentale contre cette menace sanitaire. Réunis en sommet virtuel de haut niveau sous la présidence de Son Excellence Évariste Ndayishimiye, Président de la République du Burundi et Président en exercice de l’Union africaine, les dirigeants africains et leurs partenaires internationaux ont annoncé des engagements financiers atteignant 910 millions de dollars pour soutenir la riposte.
La rencontre, organisée depuis le Palais Ntare Rushatsi à Bujumbura, a rassemblé plusieurs Chefs d’État et de Gouvernement africains, ainsi que des représentants d’organisations internationales. Y ont notamment pris part le Président de la Commission de l’Union africaine, Mahamoud Ali Youssouf, et le Directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), le Dr Jean Kaseya.
Une mobilisation historique face à une menace sanitaire urgente
L’épidémie actuelle est provoquée par la souche rare Bundibugyo du virus Ebola, une variante particulièrement préoccupante en raison de l’absence de vaccin ou de traitement spécifiquement homologué. Face à cette situation, le Président Évariste Ndayishimiye a lancé un appel fort à l’action collective, exhortant les États membres et les partenaires internationaux à transformer rapidement leurs engagements en actions concrètes.
« Chaque jour d’inaction est un jour de trop », a-t-il déclaré, soulignant l’urgence d’une réponse coordonnée et efficace afin d’éviter une aggravation de la crise.
Cet appel a trouvé un écho favorable auprès des participants. Les promesses de financement annoncées lors de la réunion atteignent désormais 910 millions de dollars, dont 80 millions apportés directement par les États africains. Une mobilisation remarquable qui dépasse largement les ressources jusque-là disponibles, estimées à seulement 100 millions de dollars, alors que les besoins immédiats de la riposte étaient évalués à 518 millions de dollars pour les six prochains mois.
Le leadership africain au cœur de la réponse
Au-delà des montants mobilisés, cette réunion a illustré la capacité de l’Afrique à prendre en main ses propres défis sanitaires. Sous l’impulsion du Président Ndayishimiye, l’Union africaine a démontré sa volonté d’assumer un rôle moteur dans la gestion des urgences de santé publique qui menacent le continent.
Le Directeur général d’Africa CDC, le Dr Jean Kaseya, avait alerté sur les conséquences d’une réponse tardive. Selon ses estimations, le coût de la gestion de l’épidémie pourrait atteindre 1,5 milliard de dollars en l’espace de quatre semaines et grimper jusqu’à 7,5 milliards de dollars si les mesures nécessaires n’étaient pas rapidement mises en œuvre.
Cette mise en garde a renforcé la détermination des dirigeants africains à agir sans délai afin d’éviter une propagation régionale de la maladie.
Une solidarité continentale renforcée
Lors de son intervention, le Président en exercice de l’Union africaine a réaffirmé la solidarité totale du continent envers les populations affectées. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération entre les pays touchés et ceux exposés au risque de contamination, notamment à travers une coordination transfrontalière plus efficace.
Cette stratégie repose sur le leadership opérationnel d’Africa CDC, avec le soutien de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et des Communautés économiques régionales. Dans un contexte marqué par les déplacements de populations et des défis sécuritaires persistants dans certaines zones affectées, cette coordination apparaît essentielle pour freiner la propagation du virus.
Vers une Afrique plus résiliente face aux crises sanitaires
La décision récente d’Africa CDC de classer Ebola comme une « Urgence de Santé Publique d’Intérêt Continental » témoigne de la gravité de la situation, mais également de la volonté des institutions africaines d’anticiper les risques sanitaires majeurs.
En mobilisant des ressources financières sans précédent et en favorisant une réponse collective, le Président Évariste Ndayishimiye inscrit son action dans une vision de long terme visant à renforcer la souveraineté sanitaire du continent. Cette initiative pourrait constituer un tournant décisif dans la lutte contre Ebola, tout en consolidant les mécanismes africains de prévention et de gestion des crises sanitaires futures.
À travers cette mobilisation historique, l’Union africaine confirme ainsi sa détermination à protéger les populations africaines et à bâtir un système de santé continentale plus résilient, plus coordonné et mieux préparé aux défis de demain.

