La publication par Aéroports du Cameroun (ADC) d’un avis d’appel à candidature pour la sélection de conducteurs destinés à exploiter le futur service officiel de taxis des aéroports internationaux de Douala et de Yaoundé-Nsimalen suscite de nombreuses interrogations.
Présentée comme une initiative visant à améliorer la qualité des services de transport offerts aux voyageurs, cette réforme est loin de faire l’unanimité. De nombreux chauffeurs de taxi qui exercent depuis plusieurs années autour des plateformes aéroportuaires craignent d’être progressivement exclus de leur principale source de revenus.
Pour ces professionnels, cette restructuration pourrait se traduire par la perte de milliers d’emplois, au profit d’un système plus fermé dont les critères de sélection restent à clarifier. Plusieurs voix s’élèvent déjà pour réclamer davantage de transparence sur les modalités de recrutement, les bénéficiaires réels de ce nouveau dispositif ainsi que les garanties offertes aux chauffeurs actuellement en activité.
Dans l’opinion publique, certains expriment des craintes selon lesquelles cette réforme pourrait favoriser un cercle restreint de bénéficiaires. À ce stade, aucune preuve publique ne permet toutefois de confirmer ces allégations. Elles soulignent néanmoins la nécessité, pour ADC, de communiquer clairement afin d’éviter toute suspicion de favoritisme.
Les syndicats et les représentants des chauffeurs pourraient demander l’ouverture d’un dialogue avec la Direction générale d’ADC afin que cette modernisation ne se fasse pas au détriment des travailleurs qui assurent depuis des années le transport des passagers dans les aéroports camerounais.
La modernisation des infrastructures et des services est une ambition légitime. Mais elle ne devrait pas conduire à l’exclusion de professionnels expérimentés sans concertation ni mesures d’accompagnement. Toute réforme touchant des centaines de familles mérite d’être conduite dans la transparence, l’équité et le respect des principes de bonne gouvernance.
En définitive, le débat dépasse la simple organisation des taxis aéroportuaires. Il pose la question de la manière dont les réformes publiques sont mises en œuvre, de la protection des emplois existants et de la confiance que les citoyens accordent aux institutions chargées de les conduire.

