Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a atterri ce mardi 28 juillet 2026 à Bamako pour une visite de travail et de solidarité de 24 heures, la première qu’il effectue au Mali depuis son accession, le 19 juillet dernier, à la présidence en exercice de la CEDEAO. Un déplacement chargé de symboles, dans un contexte régional marqué par la rupture institutionnelle entre l’organisation ouest-africaine et les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Un accueil aux honneurs militaires
L’avion présidentiel sénégalais s’est posé vers 9h50 à l’aéroport international Président Modibo Keïta, où le chef de l’État malien, le Général d’armée Assimi Goïta, attendait son homologue au pied de la passerelle. La cérémonie protocolaire a suivi un déroulé classique : exécution des hymnes nationaux des deux pays, revue des troupes, puis salutation des corps constitués. Les deux dirigeants ont ensuite échangé quelques mots dans le salon d’honneur de l’aéroport avant de rallier le palais de Koulouba, siège de la présidence malienne, où devaient se tenir les discussions officielles.
Un message de condoléances et de fermeté
Devant la presse, Bassirou Diomaye Faye a d’abord tenu à saluer « l’accueil chaleureux et fraternel » qui lui a été réservé, rendant hommage à la tradition malienne de la diatigiya, l’hospitalité. Il a rappelé que les deux peuples partagent des liens « historiques », fondés sur le voisinage, la parenté, la culture et une histoire commune qui confèrent, selon lui, un caractère exemplaire à la relation bilatérale.
Le président sénégalais a expliqué être venu présenter, au nom de son peuple, ses condoléances aux autorités et à la population maliennes après les récentes attaques ayant coûté la vie à plusieurs soldats. Il s’est incliné devant la mémoire des victimes et a condamné avec fermeté les actes commis contre le Mali, saluant au passage les efforts et les sacrifices consentis par Bamako pour restaurer la paix.
La sécurité régionale au cœur des échanges
Le volet sécuritaire a occupé une place centrale dans les discussions. Le chef de l’État sénégalais a réaffirmé la disponibilité de son pays à accompagner le Mali face aux défis sécuritaires et aux menaces pesant sur la stabilité du Sahel, rappelant que ces périls ne s’arrêtent à aucune frontière. Les deux présidents se sont dits satisfaits de la convergence de vues observée sur les principaux sujets abordés, un tête-à-tête qui a ensuite été élargi aux membres des délégations des deux pays.
OMVS et UMOA : relancer la coopération régionale
Au-delà de la question sécuritaire, les échanges ont porté sur la redynamisation de la coopération au sein de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) et de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA). Les deux chefs d’État ont convenu de travailler à l’organisation prochaine de sommets dédiés, afin de renforcer la coopération économique et monétaire ainsi que la gestion concertée des ressources hydrauliques partagées entre les deux pays.
Une visite à double portée
Au-delà de la dimension bilatérale, ce déplacement revêt une charge symbolique particulière : c’est la première fois qu’un président en exercice de la CEDEAO se rend dans un pays membre de l’AES depuis le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de l’organisation régionale. Nommé à la tête de la CEDEAO il y a une semaine, Bassirou Diomaye Faye inscrit ainsi sa visite dans une double logique : consolider une relation bilatérale ancienne avec le Mali, tout en amorçant un geste d’ouverture vers les pays de l’Alliance du Sahel, dans l’espoir de renouer un dialogue avec la Confédération.

