Les ports de Douala et de Kribi constituent les principales portes d’entrée de l’économie camerounaise et un corridor vital pour plusieurs pays d’Afrique centrale. Pourtant, un maillon essentiel de cette chaîne logistique concentre aujourd’hui toutes les attentions : la Société Générale de Surveillance (SGS).
À travers ses missions de scanning des marchandises et de délivrance du certificat CIVIC pour les véhicules, engins et matériels roulants, SGS exerce une influence déterminante sur la fluidité des opérations portuaires. Cette double responsabilité fait de l’entreprise un acteur stratégique dont la moindre défaillance peut provoquer un effet domino sur l’ensemble de l’économie nationale.
Lorsqu’un conteneur est immobilisé en attente d’un contrôle ou d’un certificat CIVIC, ce ne sont pas seulement quelques importateurs qui sont pénalisés. Les frais de surestaries, de stationnement et de stockage s’accumulent quotidiennement. Les capitaux investis restent immobilisés, les échéances bancaires continuent de courir et les entreprises voient leur trésorerie s’affaiblir.
Les répercussions dépassent largement le secteur automobile. Les entreprises de BTP attendent leurs engins, les exploitations agricoles leurs tracteurs, les sociétés minières leurs équipements et les transporteurs leurs nouveaux véhicules. Chaque retard ralentit les investissements, reporte des chantiers, compromet des contrats et freine la création de richesses.
L’État lui-même subit les conséquences de ces blocages. Les recettes douanières, la TVA et les autres prélèvements liés aux importations diminuent tandis que la compétitivité des ports camerounais est remise en question face à d’autres corridors régionaux.
Au moment où le Cameroun affiche son ambition de devenir un hub logistique majeur en Afrique centrale, la concentration de fonctions aussi sensibles entre les mains d’un seul opérateur soulève une véritable question de souveraineté économique. Une panne technique, un différend contractuel ou un ralentissement opérationnel peuvent rapidement se transformer en crise nationale.
Face à ces enjeux, de nombreux observateurs plaident pour un renforcement de la supervision publique, une digitalisation accrue des procédures et une diversification des acteurs afin de réduire les risques systémiques.
La fluidité portuaire n’est plus une simple question administrative. Elle constitue désormais un impératif économique, un facteur de compétitivité et un enjeu majeur de souveraineté nationale.

