Depuis plusieurs décennies, le Salon International de l’Entreprise, de la PME et du Partenariat de Yaoundé, plus connu sous le nom de PROMOTE, est présenté comme une vitrine de l’économie camerounaise et un cadre privilégié de rencontres entre opérateurs économiques, investisseurs et décideurs publics. Cependant, de nombreuses voix s’élèvent aujourd’hui pour s’interroger sur l’impact réel de cet événement sur le développement économique du Cameroun.
À chaque édition, des ressources financières importantes sont mobilisées pour l’organisation de cette foire économique. Les pouvoirs publics, les entreprises publiques et privées ainsi que plusieurs partenaires institutionnels y consacrent des budgets conséquents. Pourtant, les résultats concrets en matière d’investissements structurants, de création d’emplois durables et d’industrialisation du pays demeurent difficiles à évaluer.
De nombreux observateurs estiment que PROMOTE est davantage devenu un événement de communication qu’un véritable moteur de transformation économique. Malgré la forte médiatisation dont bénéficie la foire, le Cameroun continue de faire face à des défis majeurs tels que le chômage des jeunes, la faible industrialisation, la dépendance aux importations et la difficulté d’accès au financement pour les petites et moyennes entreprises.
Les PME camerounaises, souvent présentées comme les principales bénéficiaires de la foire, peinent encore à tirer profit des opportunités annoncées. Plusieurs entrepreneurs affirment que les contacts établis lors des différentes éditions débouchent rarement sur des partenariats concrets ou sur des investissements significatifs capables de soutenir leur croissance.
Par ailleurs, certains acteurs économiques dénoncent un manque de transparence dans l’évaluation des retombées réelles de l’événement. Ils demandent la publication régulière de rapports détaillés permettant de mesurer avec précision les investissements générés, les emplois créés et les projets effectivement réalisés à la suite des différentes éditions de PROMOTE.
Dans un contexte marqué par des contraintes budgétaires et une forte demande sociale, plusieurs économistes estiment que les ressources consacrées à de grandes manifestations pourraient être davantage orientées vers le financement direct des PME, la modernisation des infrastructures, le soutien à l’innovation ou encore la formation professionnelle des jeunes.
Pour ses détracteurs, l’absence d’indicateurs économiques clairement identifiables après plusieurs années d’organisation alimente le scepticisme quant à l’utilité réelle de PROMOTE pour l’économie nationale. Ils plaident pour une refonte profonde du modèle afin que l’événement devienne un véritable outil de développement économique, capable de produire des résultats mesurables et durables.
Au-delà des critiques, le débat sur PROMOTE soulève une question essentielle : comment transformer les grands rendez-vous économiques en leviers concrets de croissance, d’investissement et de création d’emplois pour le Cameroun ? La réponse à cette interrogation pourrait déterminer l’avenir de nombreuses initiatives destinées à promouvoir l’économie nationale.

