La célébration de la Journée de l’Afrique à Brazzaville restera gravée dans l’histoire du continent. À l’occasion des festivités organisées ce 25 mai 2026 en marge des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement, le président congolais Denis Sassou-N’Guesso a annoncé une décision majeure : la suppression du visa d’entrée pour tous les ressortissants africains à compter du 1er janvier 2027.
Cette annonce historique, faite devant plusieurs chefs d’État, diplomates et milliers de participants réunis dans la capitale congolaise, marque un tournant dans la politique d’intégration du continent. Elle intervient dans un contexte où plusieurs pays africains multiplient les initiatives visant à renforcer la libre circulation des personnes et le commerce intra-africain.
Une décision forte pour l’intégration africaine
Par cette mesure, le Congo-Brazzaville entend devenir l’un des moteurs de l’unité africaine. Le chef de l’État congolais a expliqué que cette décision s’inscrit dans la vision portée par l’Union africaine et dans les objectifs de l’Agenda 2063, qui ambitionne une Afrique intégrée, prospère et libre de ses mouvements.
« L’Afrique doit se construire en abattant les barrières qui nous séparent. Le visa est un héritage colonial qu’il faut dépasser », a déclaré Denis Sassou-N’Guesso sous une salve d’applaudissements.
Avec cette annonce, le Congo rejoint les pays africains ayant déjà engagé une politique d’ouverture, notamment le Rwanda, le Bénin, les Seychelles ou encore la Gambie.
Une cérémonie marquée par la présence de grandes figures africaines
La célébration de la Journée de l’Afrique à Brazzaville a réuni plusieurs personnalités africaines de premier plan. Parmi elles figurait le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema, ainsi que la vice-présidente de la Commission de l’Union africaine, Selma Malika Haddadi, venue représenter l’institution continentale.
Le président de la BAD, Sidi Ould Tah, a également pris part à la cérémonie, tandis que le président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye, s’est adressé aux participants par visioconférence.
Dans son intervention retransmise sur écran géant, le dirigeant burundais a livré un plaidoyer puissant en faveur de la souveraineté africaine et de la justice internationale.
« L’Afrique ne demande pas la charité, elle demande l’équité et la justice », a affirmé Évariste Ndayishimiye, appelant également à accélérer la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine afin de faire du continent un véritable marché commun.
Un hommage aux héros du panafricanisme
Dans un discours empreint d’émotion, Denis Sassou-N’Guesso a rendu hommage aux grandes figures historiques qui ont lutté pour les indépendances africaines et l’émancipation du continent.
Le président congolais a notamment cité Kwame Nkrumah, Patrice Lumumba, Thomas Sankara et Amílcar Cabral, saluant « des hommes qui ont sacrifié leur vie pour l’Afrique ».
« Les grands hommes ne meurent jamais », a-t-il déclaré, invitant la jeunesse africaine à poursuivre le combat pour une Afrique forte, souveraine et unie.
Les Assemblées annuelles de la BAD au cœur des débats
Cette célébration intervient alors que Brazzaville accueille du 25 au 29 mai 2026 les Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement à la Cité des conférences de Kintelé.
Plus de 3 000 délégués venus de tout le continent et d’ailleurs participent à ces travaux placés sous le thème : « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté ».
Les discussions portent notamment sur les défis économiques africains, le financement des infrastructures, l’industrialisation, l’intégration régionale et les mécanismes de résilience face aux crises géopolitiques mondiales.
La BAD salue une décision « visionnaire »
Le président de la BAD, Sidi Ould Tah, a salué « une décision courageuse et visionnaire » susceptible de stimuler les investissements, le tourisme et les échanges commerciaux entre pays africains.
Selon lui, la question des visas constitue encore aujourd’hui un frein majeur au commerce intra-africain et à la mobilité des entrepreneurs du continent. La suppression de cette contrainte administrative par le Congo représente donc « un signal fort adressé à l’Afrique et au monde ».
La BAD a par ailleurs indiqué être disposée à accompagner le Congo dans la mise en œuvre technique de cette réforme, notamment à travers la modernisation des systèmes frontaliers et la formation des agents chargés du contrôle migratoire.
Un pas décisif vers l’Afrique sans frontières
La Journée de l’Afrique 2026 pourrait ainsi marquer un tournant symbolique dans la construction de l’intégration africaine. En annonçant la suppression des visas pour tous les Africains dès 2027, Denis Sassou-N’Guesso pose un acte politique fort en faveur d’une Afrique plus ouverte et plus solidaire.
Si cette réforme est effectivement appliquée dans les délais annoncés, un Sénégalais, un Kenyan, un Marocain ou un Camerounais pourra bientôt voyager au Congo sans visa, simplement muni de son passeport.
Pour de nombreux observateurs, cette initiative pourrait encourager d’autres États africains à suivre le même chemin et rapprocher davantage le continent du rêve panafricain porté par les pères fondateurs de l’Afrique indépendante.

