Brazzaville, 10 juin 2026 – Le cœur de l’intégration sous-régionale de l’Afrique centrale bat actuellement au rythme des travaux préparatoires du Comité Inter-États, ouverts ce mercredi dans la capitale congolaise. Cette rencontre stratégique constitue une étape clé en prélude à la 45ᵉ Session Ordinaire du Conseil des Ministres de l’Union Économique de l’Afrique Centrale (UEAC), prévue pour le 13 juin 2026.
Dans une atmosphère empreinte de solennité, la cérémonie d’ouverture a été marquée par l’exécution de l’hymne de la CEMAC, symbole fort d’unité et de destin partagé des États membres de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), avant de laisser place à deux allocutions majeures ayant fixé les orientations des travaux.
Un contexte international difficile et un appel à la solidarité régionale
S’exprimant au nom de S.E Baltasar ENGONGO EDJO’O, Vice-Président de la Commission de la CEMAC, M. Charles ASSAMBA ONGODO a exprimé sa reconnaissance aux autorités congolaises, en particulier au Président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, pour l’accueil et les conditions d’organisation des assises à Brazzaville.
Dans son intervention, il a dressé un tableau préoccupant de l’environnement international, marqué par les tensions géopolitiques et les effets persistants des crises mondiales, notamment en Ukraine et au Moyen-Orient. Selon lui, ces perturbations accentuent la vulnérabilité des économies de la sous-région, confrontées à la volatilité des marchés et aux défis sécuritaires.
Face à ces enjeux, il a exhorté les États membres à renforcer « l’unité, la solidarité, la résilience et l’ambition collective », afin de répondre efficacement aux attentes des populations en matière d’emploi, d’infrastructures et de croissance inclusive.
Le Vice-Président a également salué les réformes structurelles engagées au sein de la Communauté, notamment la transformation institutionnelle de la Commission, le retour progressif des institutions à Bangui, la transition vers le budget-programme, ainsi que la mise en œuvre du PREF-CEMAC II.
Cependant, il a insisté avec fermeté sur la question critique de la viabilité financière de la Communauté, soulignant la forte dépendance du budget communautaire à la Taxe Communautaire d’Intégration (TCI), dont le recouvrement demeure insuffisant. Cette situation, a-t-il rappelé, est à l’origine de tensions de trésorerie et d’arriérés de salaires persistants au sein des institutions depuis décembre 2025.
Il a ainsi appelé à l’application stricte de l’Acte Additionnel du 25 février 2016, relatif au recouvrement de la TCI, afin de garantir la stabilité financière de la CEMAC et la continuité de ses actions.
Le Comité Inter-États fixe la feuille de route des travaux
Prenant la parole à son tour, le Président du Comité Inter-États, M. Eric MBENDE, a procédé à l’ouverture officielle des travaux. Il a rappelé la responsabilité majeure qui incombe aux experts et hauts responsables réunis à Brazzaville dans la préparation des décisions du prochain Conseil des Ministres.
Il a salué la richesse de l’ordre du jour, qui couvre des domaines stratégiques essentiels pour l’avenir de l’intégration régionale, notamment la gouvernance financière, les politiques sectorielles (tourisme, télécommunications, mines, sécurité aérienne), ainsi que la modernisation des systèmes statistiques nationaux et communautaires.
M. Eric MBENDE a exhorté les participants à faire preuve de rigueur, de pragmatisme et d’esprit constructif afin de produire des recommandations solides, susceptibles d’orienter efficacement les décisions ministérielles du 13 juin prochain.
Une étape décisive pour l’avenir de l’intégration sous-régionale
Alors que les travaux se poursuivent à Brazzaville dans un climat de dialogue et de concertation, les attentes restent élevées quant aux conclusions de ce Comité Inter-États. Celles-ci devront non seulement renforcer les mécanismes de gouvernance de la CEMAC, mais aussi accélérer l’intégration économique et sociale dans l’ensemble de la sous-région.

