Un conseil des ministres historique pour la VIIe République
Le Président de la République, Faustin Archange Touadéra, a présidé le premier Conseil des ministres de la VIIe République, un événement présenté par la présidence comme « l’acte de la refondation de l’État ». Cette réunion, tenue dans une atmosphère de rigueur et de détermination, marque une rupture nette avec les pratiques du passé et donne le ton de ce nouveau chapitre de l’histoire centrafricaine. Autour de la table, les nouveaux ministres, conscients de l’attente immense des populations, ont écouté avec attention les instructions du chef de l’État.
Une ligne de conduite claire : rigueur, résultats et proximité
Dès son introduction, le président Touadéra a fixé une ligne de conduite sans ambiguïté : rigueur dans la gestion des affaires publiques, résultats tangibles et mesurables, et proximité avec les citoyens. Fini le temps des discours creux et des promesses non tenues. Désormais, chaque ministre est sommé de répondre de ses actes devant la nation. Le chef de l’État a insisté sur la nécessité de sortir de la culture de l’exception et d’entrer dans une ère de redevabilité et de transparence.
Des objectifs précis et une évaluation stricte
L’une des annonces majeures de ce Conseil concerne l’évaluation systématique de chaque ministère sur la base d’objectifs précis. Un tableau de bord sera élaboré pour chaque secteur, avec des indicateurs clairs et des échéances contraignantes. En cas de manquements répétés ou de résultats insuffisants, le président Touadéra a prévenu : des remplacements interviendront. Les ministres sont désormais placés sous pression positive, invités à performer ou à laisser la place à d’autres plus compétents.
Modernisation de l’administration : digitalisation, mérite et gestion des RH
Parmi les priorités énoncées par le chef de l’État figure la modernisation en profondeur de l’administration centrafricaine. Cela passe par la digitalisation des procédures, la mise en place d’un recrutement basé sur le mérite (et non sur le clientélisme), et une gestion rigoureuse des ressources humaines. Les ministres sont chargés de soumettre dans les 90 jours un plan de transformation numérique de leurs départements respectifs, afin d’accélérer le traitement des dossiers et de réduire les délais pour les usagers.
Tolérance zéro contre la corruption
Le président Touadéra a été particulièrement ferme sur la question de la corruption. Il a déclaré que le gouvernement appliquerait une politique de « tolérance zéro » à l’égard de toute pratique frauduleuse ou de détournement de fonds publics. Des mécanismes de contrôle interne seront renforcés, et les auteurs de malversations seront systématiquement poursuivis devant les juridictions compétentes, sans aucune immunité. « L’argent du contribuable est sacré », a-t-il martelé.
Solidarité gouvernementale et communication centralisée
Autre innovation : l’obligation de solidarité gouvernementale. Les ministres devront parler d’une seule voix et s’abstenir de toute déclaration publique qui pourrait affaiblir l’action collective. La communication institutionnelle sera désormais centralisée par les services de la présidence, afin d’éviter les discordances et les polémiques inutiles. Chaque membre du gouvernement est tenu de coordonner ses prises de parole avec le porte-parole officiel.
Priorités nationales : paix, sécurité, développement économique et emploi des jeunes
Le président Touadéra a rappelé les priorités absolues de son quinquennat : la consolidation de la paix et de la sécurité sur l’ensemble du territoire, le renforcement de l’autorité de l’État, la relance du développement économique (notamment l’agriculture et les infrastructures), la création massive d’emplois pour les jeunes, la transition numérique, et l’accès universel aux services sociaux de base (santé, éducation, eau potable). Sur chacun de ces points, des feuilles de route devront être présentées dans les semaines à venir.
Un appel à servir la Nation avec intégrité et patriotisme
En guise de conclusion, le chef de l’État a adressé un appel solennel aux membres du gouvernement : « Servez la Nation avec intégrité et patriotisme. Vous êtes les serviteurs du peuple, non ses maîtres. Chaque décision que vous prendrez doit être inspirée par l’intérêt général, non par des considérations personnelles ou partisanes. » Cette charge présidentielle a été suivie d’une minute de silence en mémoire des victimes des conflits passés.
La VIIe République placée sous le signe de l’action et de la redevabilité
Avec ce premier Conseil des ministres, Faustin Archange Touadéra pose les fondations d’une gouvernance renouvelée. Les Centrafricains, lassés des promesses non tenues et de la prédation des élites, attendent désormais des actes concrets. Le système d’évaluation, la lutte anticorruption et la digitalisation sont des pistes sérieuses. Reste à savoir si la volonté affichée par le chef de l’État suffira à briser les résistances internes et les habitudes bien ancrées. Les prochains mois seront cruciaux pour transformer le discours en réalité. La VIIe République a désormais ses priorités et ses outils. À l’exécutif de prouver qu’elle n’est pas un vain slogan.

