Dette intérieure, assainissement de la masse salariale, discipline budgétaire : depuis son arrivée au ministère des Finances en 2018, Louis Paul Motazé s’est imposé comme l’un des hommes clés de la gestion financière de l’État camerounais.
Dans l’architecture économique du Cameroun, certains responsables occupent des fonctions qui dépassent largement le cadre de leur portefeuille ministériel. Louis Paul Motazé appartient à cette catégorie. Ministre des Finances depuis le 2 mars 2018, il s’est construit au fil des décennies une solide réputation de technocrate et de gestionnaire des affaires publiques.
Né le 31 janvier 1959 à Bengbis, dans la région du Sud, Louis Paul Motazé est administrateur civil, formé à l’ENAM. Son parcours universitaire l’a conduit en France, où il a obtenu un DEA en droit public, ainsi qu’un DESS en transport international au Havre.
Une carrière forgée dans les grandes entreprises publiques
Avant d’occuper les plus hautes fonctions administratives, Louis Paul Motazé a fait ses armes dans le secteur des transports.
À la Camship – Cameroon Shipping Lines, il exerce pendant plusieurs années avant d’accéder aux responsabilités de directeur commercial. En 1989, il rejoint Cameroon Airlines, où il occupe également des fonctions commerciales avant de prendre la direction de l’Audit et du Contrôle de gestion.
Il devient ensuite conseiller technique à la direction générale, avant d’être nommé, en septembre 1999, directeur général de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS).
À la tête de la CNPS, il engage plusieurs réformes destinées à améliorer la gestion de l’institution, notamment dans le recouvrement, le paiement des pensions, la gestion des structures sanitaires et scolaires ainsi que la relation avec les usagers.
Cette expérience dans la restructuration des organismes publics va constituer l’un des marqueurs de son parcours.
Au ministère des Finances, la bataille contre les dépenses indues
Son arrivée au ministère des Finances en mars 2018 intervient dans un contexte où la maîtrise de la dépense publique constitue un enjeu majeur pour l’État.
L’un des chantiers emblématiques lancés sous son impulsion est l’opération de comptage physique des personnels de l’État, destinée à vérifier la réalité des effectifs et à assainir la masse salariale.
L’objectif était clair : identifier les agents inexistants, les situations irrégulières et les rémunérations indûment versées, afin de réduire les fuites financières qui pèsent sur le budget de l’État.
L’opération a mis en lumière l’existence de nombreuses irrégularités dans la gestion des effectifs publics et a contribué à renforcer les contrôles autour de la solde.
Au-delà des chiffres, cette démarche traduisait une volonté politique plus large : faire de la maîtrise de la dépense publique un instrument de lutte contre la corruption et les détournements de ressources publiques.
La dette intérieure, autre front majeur
Parallèlement à l’assainissement de la masse salariale, le ministère des Finances a poursuivi les opérations de règlement et d’apurement de la dette intérieure de l’État.
Un chantier particulièrement sensible pour les entreprises, les fournisseurs de l’administration et les acteurs économiques qui attendent le règlement des créances publiques pour préserver leur trésorerie et leurs activités.
Pour Louis Paul Motazé, la gestion des finances publiques repose ainsi sur un double impératif : mobiliser les ressources et contrôler rigoureusement leur utilisation.
Une philosophie résumée dans cette formule attribuée au ministre : « La discipline et la régulation budgétaire doivent donc être de rigueur si le Cameroun veut atteindre les objectifs fixés. »
Un homme au cœur de la stratégie financière de l’État
Après plusieurs décennies passées au service de l’administration et des entreprises publiques, Louis Paul Motazé apparaît aujourd’hui comme l’un des principaux visages de la politique économique et financière du Cameroun.
Dette publique, trésorerie, mobilisation des recettes, discipline budgétaire, contrôle de la masse salariale et financement de l’économie : autant de dossiers stratégiques qui placent le ministre au cœur du dispositif de gestion de l’État.
À l’heure où les finances publiques camerounaises doivent composer avec des besoins croissants d’investissement, des contraintes budgétaires et les exigences de transparence, la capacité du ministère des Finances à maintenir le cap de la rigueur sera déterminante.
Pour ses soutiens, Louis Paul Motazé est devenu un homme de confiance du président Paul Biya dans la conduite des finances publiques. Une responsabilité lourde, qui impose une exigence permanente de rigueur, de transparence et d’efficacité.
Une chose est certaine : au cœur de la machine financière de l’État, Louis Paul Motazé demeure l’un des hommes dont les décisions pèsent directement sur l’avenir économique du Cameroun.

