Le ministre angolais des Affaires étrangères, Antonio Tété, a salué l’organisation à Lomé de la réunion ministérielle de l’Alliance politique africaine (APA) consacrée aux répercussions de la crise au Moyen-Orient sur le continent africain. Organisée le 3 juillet dans la capitale togolaise, cette rencontre a réuni plusieurs délégations ministérielles venues de différents pays africains afin d’échanger sur les conséquences économiques, sécuritaires et géopolitiques de cette crise.
À la tête de la délégation angolaise, Antonio Tété a également assuré le rôle de rapporteur des travaux, présentant le communiqué final des discussions. Au cours d’un entretien accordé à une chaîne panafricaine, il a insisté sur l’importance de cette concertation, qu’il considère comme une étape essentielle pour permettre aux États africains d’harmoniser leurs positions avant les grandes rencontres officielles de l’Union africaine.
Selon le chef de la diplomatie angolaise, l’objectif de cette réunion n’était pas d’examiner directement les causes ou le déroulement du conflit au Moyen-Orient, mais plutôt d’évaluer ses conséquences sur les économies et la stabilité des pays africains. Il a rappelé que les liens historiques et géographiques entre l’Afrique et cette région rendent le continent particulièrement vulnérable aux effets des tensions internationales, notamment sur les marchés de l’énergie, les chaînes d’approvisionnement et les échanges commerciaux.
Antonio Tété a souligné que cette rencontre s’inscrit dans la continuité de plusieurs initiatives africaines déjà engagées depuis le début de l’escalade militaire au Moyen-Orient. Des concertations similaires ont notamment été organisées dans le cadre de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), en Égypte, en Afrique du Sud ainsi qu’en Angola, où les autorités ont mené une réflexion nationale sur les impacts de cette crise.
Le ministre a également mis en avant les opportunités que certains pays africains pourraient tirer de la hausse des prix du pétrole. Pour les États producteurs d’hydrocarbures, cette conjoncture pourrait constituer une occasion d’accroître les investissements dans des projets structurants, notamment la construction de raffineries, le développement des infrastructures énergétiques, l’agriculture et les chaînes logistiques.
Au-delà de l’aspect économique, Antonio Tété estime que cette situation doit pousser les pays africains à renforcer leur résilience et à réduire leur dépendance vis-à-vis des marchés extérieurs. Il a plaidé pour une accélération de l’intégration économique africaine à travers la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), afin de favoriser les échanges intra-africains et de consolider la souveraineté économique du continent.
Le diplomate angolais a enfin rendu hommage aux autorités togolaises pour l’organisation de cette rencontre, adressant ses félicitations au Président du Conseil du Togo, Faure Gnassingbé, pour son engagement en faveur du dialogue diplomatique et de la concertation entre les États africains face aux grands défis internationaux.
Cette réunion de Lomé confirme ainsi la volonté de plusieurs pays africains de parler d’une seule voix sur les grandes crises internationales et de construire des réponses communes capables de préserver les intérêts stratégiques du continent dans un contexte mondial marqué par de fortes incertitudes.

