Le groupe audiovisuel AFRICA24 est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie de « campagne de décrédibilisation » orchestrée par le magazine Jeune Afrique à son encontre. Dans un communiqué au ton particulièrement ferme, le média panafricain rejette catégoriquement les affirmations contenues dans un article publié par le journal, qu’il considère comme diffamatoire et dénué de fondement.
Une polémique née d’un article controversé
Au cœur de la controverse figure un article intitulé « Pourquoi AFRICA24, "gouffre financier" du Cameroun, est menacée de disparition ». AFRICA24 affirme que cette publication contient de nombreuses « contre-vérités », des « inventions » et des informations qu’il juge mensongères. Le groupe déplore également que l’article ait été publié sans que ses dirigeants n’aient été sollicités pour présenter leur version des faits, estimant que ce procédé va à l’encontre des principes fondamentaux du contradictoire et de l’éthique journalistique.
Selon AFRICA24, cette publication s’inscrirait dans une campagne plus large de dénigrement visant à fragiliser son image. Le groupe va plus loin en affirmant que cette attitude serait liée à une supposée frustration née de l’absence de relations contractuelles avec la présidence camerounaise depuis plusieurs années. Cette affirmation relève toutefois de la position exprimée par AFRICA24 et n’a pas été établie de manière indépendante.
AFRICA24 revendique son indépendance et son développement
Dans sa réaction, AFRICA24 met en avant son parcours et ses performances, soulignant être devenu l’un des principaux groupes audiovisuels africains. Le média rappelle qu’il édite aujourd’hui quatre chaînes en haute définition, revendique une couverture de plus de 120 millions de foyers et met en avant un modèle économique fondé sur une indépendance financière africaine.
Le groupe estime que cette réussite, construite selon lui sur près de deux décennies de résilience et d’investissements, pourrait déranger certains concurrents confrontés à des difficultés économiques ou éditoriales.
Des échanges privés évoqués avec les dirigeants de Jeune Afrique
AFRICA24 affirme également que, face aux critiques suscitées par la publication, deux responsables de Jeune Afrique auraient pris contact avec ses dirigeants. Le groupe rapporte notamment qu’un des responsables aurait reconnu, dans un message privé, les insuffisances de l’article en écrivant : « Je viens de passer mes nerfs sur la rédaction. Cet article est indigent. I am sorry. »
Toujours selon AFRICA24, trois engagements auraient été pris par les responsables du magazine :
corriger l’article publié en ligne ;
publier le droit de réponse d’AFRICA24 ;
présenter des excuses officielles au groupe.
À ce stade, ces échanges sont rapportés par AFRICA24 et n’ont pas été confirmés publiquement par Jeune Afrique.
Une riposte sur le terrain judiciaire
Estimant que son honneur et sa crédibilité ont été mis en cause, AFRICA24 annonce qu’il publiera prochainement des éléments financiers et des documents destinés, selon lui, à démontrer le caractère infondé des accusations formulées dans l’article contesté.
Le groupe indique également avoir décidé de porter l’affaire devant la justice afin que les juridictions compétentes puissent apprécier les faits et déterminer les éventuelles responsabilités.
Cette affaire illustre une nouvelle tension entre deux acteurs influents du paysage médiatique africain. Au-delà des accusations réciproques, elle soulève des questions sur le respect des règles déontologiques, du contradictoire et de la responsabilité éditoriale dans le traitement des informations concernant les médias eux-mêmes. Les suites judiciaires annoncées pourraient permettre d’établir les responsabilités et d’apporter des éclaircissements sur les allégations formulées de part et d’autre.

