En marge des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), Brazzaville a vibré ce mardi 26 mai 2026 au rythme des engagements financiers. Bailleurs de fonds, investisseurs et partenaires au développement ont promis 3,554 milliards de dollars pour le Fonds bleu du bassin du Congo, un instrument crucial pour protéger les écosystèmes et promouvoir une économie verte et bleue dans la région.
Sous le très haut patronage de Son Excellence Denis Sassou-N’Guesso, président de la République du Congo et président de la Commission Climat du Bassin du Congo, cette première table ronde des bailleurs de fonds a tenu toutes ses promesses.
Des engagements historiques
La première table ronde du Fonds bleu a réuni les plus grands acteurs financiers du continent et au-delà :
- La Banque mondiale s’engage à hauteur de 1 milliard de dollars ;
- La BDEAC met 600 millions sur trois ans ;
- Le Fonds vert pour le climat contribue à hauteur de 320 millions ;
- La BAD, avec la Chambre de commerce africaine en Scandinavie, ajoute 350 millions supplémentaires ;
- Le Fonds africain de solidarité apporte 500 millions ;
- D’autres institutions offrent des garanties financières pour 70 projets prioritaires.
Jamais une telle mobilisation n’avait été observée pour la protection du bassin du Congo.
Sassou-N’Guesso : du discours à l’action
Présidée par Denis Sassou-N’Guesso, cette table ronde a été l’occasion pour le président congolais de rappeler l’urgence de passer des promesses aux projets concrets. « Les premiers financements réels doivent intervenir avant la fin de l’année 2026 », a-t-il insisté, mettant la pression sur les partenaires financiers.
Après des années de discours sur l’importance du bassin du Congo, deuxième poumon vert de la planète après l’Amazonie, le président congolais veut des actes. Il a personnellement supervisé les négociations et reçu chaque bailleur pour sceller les engagements.
Des projets vitaux pour la planète
Les fonds seront consacrés à plusieurs axes prioritaires :
- la préservation des forêts (lutte contre la déforestation et l’exploitation illégale) ;
- la gestion durable des ressources en eau (protection des fleuves Congo, Oubangui, Sangha) ;
- le développement agricole respectueux de l’environnement ;
- la transition énergétique (hydroélectricité, solaire) ;
- la résilience climatique des populations (prévention des inondations, sécheresses).
Pour Dieudonné Evou Mekou, président de la BDEAC, « ces financements serviront exclusivement aux projets validés par les États membres et les organisations sous-régionales. C’est un engagement sérieux et transparent. »
Le deuxième poumon de la planète sous les projecteurs
Selma Malika Haddadi, vice-présidente de la Commission de l’Union africaine, a salué une « mobilisation inédite ». Le bassin du Congo, souvent éclipsé par l’Amazonie dans les médias et les conférences climatiques, devient désormais un enjeu planétaire.
L’Union africaine soutient pleinement cette initiative, qui s’inscrit dans l’Agenda 2063 et les objectifs de développement durable.
La BAD et les autres partenaires engagés
Le président de la BAD, Sidi Ould Tah, a rappelé que l’institution est fière de participer à ce projet qui allie développement économique et protection environnementale. « Nous ne pouvons pas parler de développement sans prendre en compte le climat. Le bassin du Congo est un bien commun mondial, et l’Afrique doit montrer l’exemple en le protégeant. »
La Banque mondiale a salué la gouvernance inclusive du Fonds bleu, qui associe États, société civile et secteur privé.
De l’engagement à l’action
Le Fonds bleu franchit une étape décisive. Après les annonces (plus de 3,5 milliards de dollars), il faudra transformer ces promesses en chantiers sur le terrain. Les prochains mois seront cruciaux : mise en place des comités de pilotage, premier déboursement des fonds, lancement des appels d’offres pour les 70 projets prioritaires.
Le président Sassou-N’Guesso a promis de rendre compte publiquement de l’avancement des travaux. Si les engagements sont tenus, le Fonds bleu deviendra un modèle mondial de financement climatique. L’Afrique, souvent perçue comme victime du réchauffement, deviendra une solution.

