Les travaux de la 61e réunion annuelle de la Banque africaine de développement (BAD) ont été lancés ce mardi 26 mai 2026 à Brazzaville, en République du Congo. Le président centrafricain, Faustin Archange Touadéra, a pris part activement à ces assises aux côtés de ses homologues congolais Denis Sassou-N’Guesso et gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema.
Cette rencontre de haut niveau, qui se déroule du 25 au 29 mai, réunit plus de 3 000 délégués, ministres des finances, gouverneurs de banques centrales et experts économiques venus de tout le continent.
Un plaidoyer pour la mobilisation de ressources à grande échelle
L’ouverture de ces assises est axée sur la mobilisation de ressources à grande échelle et le financement du développement du continent, afin de combler le déficit annuel estimé à plus de 400 milliards de dollars, selon le président de la BAD, Sidi Ould Tah.
Ce dernier a souligné la nécessité d’une participation collective, non seulement des banques africaines, mais aussi d’une implication accrue du secteur privé. Sans financements massifs, a-t-il rappelé, l’Agenda 2063 de l’Union africaine et les objectifs de développement durable resteront des vœux pieux.
La BAD finance actuellement 19 projets en RCA
Intervenant lors des travaux, le président Faustin Archange Touadéra a rendu un hommage mérité à la BAD, qui finance actuellement 19 projets en République centrafricaine. L’avancement global de ces projets est estimé à 28 %, a-t-il précisé, citant notamment l’exemple du corridor 13, une infrastructure routière stratégique pour le désenclavement du pays.
Le chef de l’État centrafricain a salué l’engagement constant de l’institution aux côtés de la RCA, qui sort difficilement d’années de crise sécuritaire et humanitaire.
Plaidoyer pour un allègement des mécanismes de financement
Le président Touadéra a également recommandé un allègement des mécanismes de financement de la BAD afin d’accélérer la mise en œuvre des projets. Trop souvent, a-t-il expliqué, les procédures complexes et les conditionnalités strictes ralentissent le décaissement des fonds et l’exécution des travaux.
Dans un pays comme la RCA, où les capacités administratives et techniques sont limitées, la simplification des processus est une condition de l’efficacité de l’aide. Il a invité l’institution à développer des guichets spéciaux pour les États fragiles.
Les potentialités naturelles de la RCA mises en avant
Pour conclure, le président centrafricain a rappelé que la RCA dispose de fortes potentialités en ressources naturelles : mines d’or, diamants, uranium, bois, terres arables, inscrites dans son Plan national de développement (PND).
Il a exprimé l’espoir de voir les investisseurs présents à Brazzaville accompagner la réalisation de projets structurants, essentiels au relèvement du pays. La RCA, a-t-il insisté, n’est plus seulement un pays en crise ; c’est un pays qui se reconstruit, avec des besoins énormes en infrastructures (routes, hôpitaux, écoles, énergie), mais aussi une volonté politique affirmée de sortir de la dépendance à l’aide humanitaire.
Retour à Bangui et accueil solennel
Le président Faustin Archange Touadéra est rentré à Bangui dans la soirée du mardi 26 mai 2026. À son retour à l’aéroport international de Bangui-Mpoko, le chef de l’État a été accueilli par le Premier ministre Félix Moloua, entouré des membres du gouvernement, du cabinet présidentiel ainsi que des hautes autorités militaires. Un accueil sobre mais solennel, marqué par une revue de la garde républicaine.
Un message d’espoir pour les Centrafricains
Au-delà des chiffres et des discours techniques, ce déplacement envoie un message d’espoir aux Centrafricains : leur pays est reconnu par ses pairs et par les institutions financières internationales comme un partenaire à part entière.
La présence aux côtés des présidents Sassou-N’Guesso et Oligui Nguema, deux figures majeures d’Afrique centrale, renforce la légitimité régionale de Bangui. La BAD confirme son rôle de bailleur de fonds de premier plan pour la RCA.
Les 19 projets en cours doivent être menés à bien, et de nouveaux financements doivent être débloqués. Le corridor 13, les centrales solaires, les routes de desserte agricole : autant de projets qui changeront la vie des Centrafricains.

